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LA GALE ? Oui : ça existe !

DEFINITION :

La gale ou scabiose est une dermatose parasitaire contagieuse causée par un acarien, le sarcopte de la gale : Sarcoptes scabiei

EPIDEMIOLOGIE :

La gale toucherait 300 millions d’individus dans le monde sans distinction de sexe ni d’ethnie. Fréquente dans pays en voie de développement dont Madagascar.

MANIFESTATIONS CLINIQUES :

FORME TYPIQUE : Elle comporte les signes suivants :

  • prurit diffus : surtout la nuit, épargnant le visage. Souvent un caractère conjugal ou familial,
  • lésions cutanées non spécifiques fréquentes dues au grattage : topographie évocatrice : espaces interdigitaux, face antérieure des poignées, coudes et emmanchures antérieures, ombilic, fesses, face interne des cuisses, organes génitaux externes chez l’homme, mamelon et aréole mammaire chez la femme
    Figure 1. Atteinte interdigitale de gale chez un enfant
  • sillons scabieux : ces lésions sinueuses, de quelques millimètres de long, correspondent au trajet de l’acarien femelle dans la couche cornée de l’épiderme. Ils sont surtout visibles entre les doigts et sur la face antérieure des poignets.
    Figure 2. Sillons scabieux interdigitaux chez une fillette
  • vésicules perlées : ces petites élevures translucides reposant sur une base érythémateuse : espaces interdigitaux ++ nodules scabieux : régions génitales de l’homme.
    Figure 3. Nodules scabieux des organes génitaux masculins

CAS PARTICULIERS :

  • Gale du Nourrisson : vésiculopustules palmaires et plantaires
    Figure 3. Nodules scabieux des organes génitaux masculins
  • Gale des gens propres : Elle est trompeuse car peu de lésion. Il faut y penser devant tout prurit diffus persistant.

MODE DE TRANSMISSION :

La gale est contagieuse et se transmet par :
  • contacts humains directs, intimes et prolongés (cadre familial, couple).
  • indirecte par les vêtements ou la literie.
  • considéré comme une infection sexuellement transmissible (IST).
  • TRAITEMENT ET PREVENTIONS :

    • médicament (voie orale et/ou local par application)
    • Mesures d’hygiène :
      • désinfection de l’environnement du malade (vêtements, literie, linge de toilette, peluche …): lavage à 60°C en machine ou faire bouillir, séchage au soleil et repassage au fer chaud.
      • traitement simultané des sujets contacts (famille, partenaire sexuel)

    Références bibliographiques :

    1. Bouvrese S, Chosidow O. Ectoparasitoses : poux et gale. Encyclopédie Médico-chirurgicale. Pédiatrie 2011 ; EMC4-114-B-10.
    2. Bonnetblanc J-M. Ectoparasitoses cutanées : gale et pédiculose. Ann Dermatol Venereol 2012 ; 139 : A9-14.
    3. Spadoni S, Lamand V, Vonesch M.A, Béranger C. La gale : un fléau mondial. Médecine et Santé Tropicales, Vol. 24, N8 1 – janvier-février-mars 2014
    4. Dehen L., Chosidow O. Ectoparasitoses. Dermatologie. EMC, 2007, 98-395-A-20
    5. Gallais V, Bourgault-villada I, Chsidow O. Poux et gale : Nouveautés cliniques et thérapeutiques. Presse Méd 1997 ; 26 : 1682-6.
    6. Haut Conseil de santé publique. Recommandations relatives à la conduite à tenir devant un ou plusieurs cas de gale, 9 novembre 2012