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L'insomnie se définit comme une "absence de sommeil", mais elle désigne le plus souvent une durée insuffisante de sommeil et un sommeil non réparateur. Les personnes touchées se plaignent de difficultés d'endormissement, de réveils nocturnes ou matinaux précoces. On distingue deux types d'insomnies : les insomnies transitoires ou occasionnelles et les insomnies chroniques.

Les insomnies occasionnelles ou transitoires

Elles touchent plus d'un tiers de la population et sont les plus faciles à traiter. Elles ne durent que quelques jours. L'essentiel est de veiller à ce qu'elles ne dépassent pas trois semaines, sous peine de s'installer. Nous sommes tous confrontés un jour ou l'autre à un souci ou un événement à l'origine d'une insomnie transitoire :
- mauvaise hygiène de vie ou non respect de notre rythme biologique fondamental : longues siestes, abus d'excitants, levers ou couchers irréguliers, hyperactivité physique après 20h, surmenage professionnel,
- environnement : bruit, canicule, altitude, mauvaise literie, changement d'horaires ou d'habitudes, naissance d'un enfant, maladie d'un proche,
- problème de santé ponctuel : douleur, toux, fièvre,
- causes psychologiques : difficultés familiales ou professionnelles, dettes, déménagement, deuil.
À ce stade, la solution consiste principalement à respecter des mesures d'hygiène du sommeil.

Les insomnies chroniques

Elles sont plus délicates car elles sont installées depuis longtemps. Dans la majorité des cas, un stress intense accumulé depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, est à l'origine de ces perturbations profondes du sommeil.

L'insomnie d'endormissement concerne surtout des personnes anxieuses qui redoutent la nuit blanche à tel point qu'elles ne parviennent pas à s'abandonner au sommeil. Pour faciliter l'endormissement, il est recommandé d'instaurer un rituel de relaxation (bain ou douche, avec consommation de tisane). Dans d'autres cas, l'insomnie d'endormissement touche les hyperactifs qui continuent, au moment du coucher, à se préoccuper des problèmes de la journée.

L'insomnie de fin de nuit accompagne souvent une dépression. Un réveil précoce peut alors survenir vers 4h du matin, avec parfois l'impossibilité de se rendormir.

Les réveils nocturnes fréquents sont souvent causés par diverses affections telles que l'asthme, le diabète, les rhumatismes, des problèmes digestifs, urinaires ou hormonaux (sueurs nocturnes). À noter toutefois qu'avec l'âge, les nuits se raccourcissent naturellement et qu'une "médicalisation" du sommeil est inappropriée.

En cas de troubles du sommeil (fatigue chronique ou apnées du sommeil par exemple), il est possible de bénéficier, dans certains laboratoires spécialisés, d'un examen permettant d'enregistrer l'activité électrique du cerveau ainsi que les rythmes respiratoires, le mouvement oculaire, l'activité cardiaque, les contractions musculaires et la saturation en oxygène du sang. Ces premières données permettent de mieux identifier les causes de l'insomnie qui constitue la première plainte de perturbation du sommeil.

Traitements non-médicamenteux de l'Insomnie

Les problèmes d'insomnie peuvent être traités de différentes manières, qui dépendent essentiellement de la cause des troubles. L'utilisation de somnifères, qui peut paraître efficace, n'est pas sans inconvénients et doit généralement être envisagée avec prudence.

Dans les cas simples, quelques conseils comportementaux peuvent suffire à rétablir un sommeil normal : éviter les excitants (café, thé, vitamine C…) - surtout l'après-midi ou le soir -, l'alcool, les repas copieux, lire plutôt que de regarder la télévision… Prendre un bain chaud avant de se coucher peut faciliter également l'endormissement.

Rythmes biologiques

Parfois, l'insomnie est due à un manque de connaissance des rythmes biologiques. Quelques notions simples peuvent alors résoudre le problème : se coucher uniquement lorsque l'envie de dormir se fait sentir, se relever si l'endormissement ne vient pas et attendre que le besoin de sommeil se fasse de nouveau sentir pour se recoucher, se lever toujours à la même heure, prendre une douche ou faire quelques exercices physiques le matin. Les techniques de relaxation peuvent s'avérer efficaces lorsque l'insomnie est liée à un trop plein de tensions dans la journée.

Restriction du sommeil

Si ces différentes solutions ne fonctionnent pas, la technique dite de "restriction du sommeil" peut être pratiquée sous surveillance médicale. Cette technique consiste à réduire au minimum le temps passé au lit qui n'est pas du temps de sommeil. La personne tient un agenda de ses nuits (heure de coucher, temps mis pour s'endormir, éveils dans la nuit, heure de lever…). Le médecin réduit alors progressivement le temps passé au lit (sans descendre sous la barre des 5 heures) afin qu'au moins 85 % de ce temps soit constitué de sommeil effectif.

D'autres causes

Dans certains cas, l'insomnie n'est pas un trouble isolé mais le symptôme d'une autre pathologie qu'il convient de traiter. Ainsi, lorsque l'insomnie est la conséquence du syndrome des jambes sans repos, l'utilisation de relaxants musculaires peut s'avérer efficace. Dans les cas d'apnées du sommeil sévère, une ventilation par un appareil respiratoire au cours du sommeil peut être envisagée. Des techniques de psychothérapie sont généralement indiquées pour les problèmes d'anxiété et autres troubles d'origine psychologiques.

Recueillis par Dr RABERAOKA Manga (Médecin Visiteur)

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